
Série III
La verticale et l'étendue
Désert du Sahara marocain · Merzouga
Dans cette œuvre, Ani représente une silhouette solitaire faisant face à l’immensité de l’espace. Dépourvue de tout attribut identifiable, la figure échappe à toute lecture biographique ou narrative. Aucun visage n’est donné à voir, aucun geste ne vient rompre le silence. Réduite à une présence presque anonyme, elle se tient face à un paysage dont l’échelle dépasse celle de l’humain.
Le cadre n’est pas envisagé comme un simple motif paysager. Privé d’architecture, de frontière et de tout repère construit, cet espace ramène la figure à sa condition la plus essentielle : celle d’un être vivant confronté à une immensité qui le dépasse.
La composition accorde une place prépondérante au ciel, dont le bleu profond dialogue avec les ocres lumineux. Cette tension chromatique, devenue caractéristique de la pratique d’Ani, puise autant dans l’héritage du Bleu Klein que dans les paysages marocains, des crépuscules atlantiques aux étendues minérales de Merzouga.
Cette première œuvre de la troisième série marque une évolution significative dans le vocabulaire plastique de l’artiste. Si l’électrocardiogramme, motif fondateur de son travail, n’apparaît plus explicitement, tel que dans les séries précédentes, il demeure le principe structurant de la composition. Le battement quitte la ligne graphique pour s’incarner dans le corps, dans le souffle et dans la présence même de la figure. Invisible, il continue d’organiser l’œuvre en profondeur.
La silhouette devient un espace de projection où chacun est invité à interroger sa propre place face au temps, à la mémoire et à l’infini. À travers cette peinture, l’artiste poursuit une réflexion sur ce qui subsiste lorsque les identités s’effacent.
La verticale et l'étendue - Série 3 : Lost
Huile sur toile, 60cm x 50cm, 2026
Désert du Sahara marocain - Merzouga