
Série III
Dunes
Merzouga
L’œuvre s’inscrit dans la continuité de la pratique de l’artiste, où le tracé de l’électrocardiogramme, jusqu’ici motif abstrait retranscrit sur la surface picturale, cède ici la place à la figure humaine, un basculement que l’artiste opère pour la deuxième fois, de l’abstraction vers le figuratif, et de l’acrylique vers l’huile, signature de sa série 3.
La composition procède d’un déplacement délibéré. Une femme, vêtue d’un costume, repose allongée dans l’immensité de l’erg de Merzouga, aux confins du Sahara marocain. Le vêtement se trouve ici placé en contradiction frontale avec le territoire qui l’accueille : le désert, indifférent à toute hiérarchie, fonction ou statut. Ce heurt entre costume et dune n’est pas anecdotique ; il constitue le centre de gravité conceptuel de l’œuvre.
Un halo doré, irradiant depuis le sol plutôt que depuis le ciel, enveloppe la figure d’une lumière chaude et ascendante. Ce renversement de la source lumineuse traduit une relation d’appartenance inversée : le territoire n’appartient pas au sujet, c’est le sujet qui lui appartient, porté par lui plutôt que le possédant.
La posture retenue, ni verticale ni complètement abandonnée, un corps allongé, installe la figure dans un état de suspension. La main posée sur le cœur, geste répété à travers l’ensemble de la production de l’artiste, agit comme un serment silencieux : celui de l’écoute intérieure, retour au battement qui structure toute sa démarche depuis l’origine. Ce que la toile abstraite traçait auparavant comme ligne cardiaque, le corps le porte désormais directement. L’artiste substitue à la représentation du battement son incarnation.
L’œuvre interroge frontalement : que demeure-t-il du sujet lorsqu’on lui retire tout ce qui, socialement, le définit ? La réponse qu’elle propose est d’ordre physiologique avant d’être symbolique : il reste le souffle, le battement, l’organe vital de tout être humain : le cœur
Dunes - Série 3 : Lost
Morocco Collection
Huile sur toile, 81x116 cm, 2026